Autisme : l’influence des processus cognitifs sur la perception du toucher
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Autisme : l’influence des processus cognitifs sur la perception du toucher

Publié le 26 mai 2026

Andreas Frick, Responsable du laboratoire de plasticité corticale à l’INSERM, U1215, Neurocentre Magendie (Bordeaux) et à la faculté de médecine de l’université de Heidelberg, lauréat du Prix Marcel Dassault 2019 

Les particularités sensorielles sont fréquentes dans l’autisme, mais leur origine reste mal comprise. Cette étude s’intéresse au toucher, un sens essentiel dans les interactions avec l’environnement et les autres. Les chercheurs ont utilisé un modèle de souris associé à l’autisme et au syndrome de l’X fragile, appelé Fmr1, afin de comprendre comment le cerveau traite des stimulations tactiles plus ou moins fortes. 

Les souris devaient apprendre à distinguer deux vibrations appliquées à la patte avant : l’une forte, l’autre plus faible. Les souris Fmr1 apprennent globalement aussi vite que les souris témoins, mais elles font davantage d’erreurs lorsque le signal tactile est faible. Cette difficulté ne semble pas venir d’un problème d’attention au départ, mais plutôt d’une tendance à répéter le choix précédent, même lorsqu’il n’est plus adapté. 

Après l’apprentissage, les chercheurs ont testé des vibrations intermédiaires. Résultat surprenant : les souris Fmr1 distinguent mieux que les souris témoins certaines stimulations tactiles faibles. Cette meilleure discrimination ne signifie pas forcément une perception “meilleure” au sens général. Elle semble liée à une moindre influence de la catégorisation : là où le cerveau regroupe habituellement des sensations proches dans une même catégorie, ces souris traiteraient davantage les différences fines entre stimuli. 

L’étude montre aussi que lorsque la tâche devient plus complexe, avec davantage de stimulations à comparer, les souris Fmr1 présentent des signes de moindre attention pour les signaux les plus faibles, malgré leur sensibilité accrue. 

Ces résultats suggèrent que les particularités sensorielles dans l’autisme ne relèvent pas seulement d’un “trop” ou d’un “pas assez” de perception. Elles dépendraient aussi du contexte cognitif : attention, apprentissage, expérience précédente et manière de classer les informations. Les auteurs restent prudents : l’étude est menée chez la souris et repose sur des comportements, sans mesure directe des circuits cérébraux. Mais elle ouvre une piste importante pour mieux comprendre pourquoi les perceptions tactiles peuvent être si variables dans l’autisme. 

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