Sigrid Le Clerc, docteure en bioinformatique
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Immunité, génétique et troubles neurodéveloppementaux : des liens mis en lumière

Publié le 30 juin 2026

Sigrid Le Clerc, docteure en bioinformatique 

Les troubles mentaux et neurodéveloppementaux majeurs — comme la dépression, la schizophrénie, les troubles bipolaires ou les troubles du spectre de l’autisme — sont des troubles complexes dont les causes restent encore mal comprises. Une piste de plus en plus étudiée concerne le rôle du système immunitaire et de nos gènes liés à l’immunité. 

Cette revue d’études scientifiques montre que, chez une partie des personnes concernées, ces troubles pourraient être associés à une inflammation chronique de faible intensité. Celle-ci pourrait résulter d’une interaction entre des facteurs génétiques (certains variants liés à l’immunité) et des facteurs environnementaux comme les infections, le stress ou la pollution. 

Concrètement, certains gènes impliqués dans la défense de l’organisme — notamment ceux qui régulent les réactions inflammatoires — sont plus fréquents chez les personnes vivant avec des troubles psychiatriques ou neurodéveloppementaux. Ces variations génétiques pourraient rendre certains individus plus sensibles à l’inflammation, ce qui affecterait le fonctionnement du cerveau, notamment pendant le développement ou en réponse au stress. 

Une région particulière du génome, liée au système immunitaire (appelée complexe HLA), joue un rôle central. Elle intervient dans la reconnaissance des agents étrangers par l’organisme. Les études montrent qu’elle est fortement associée à certains troubles comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire. Fait intéressant, certains profils génétiques peuvent être protecteurs dans une maladie mais augmenter le risque dans une autre, illustrant la complexité des mécanismes en jeu. 

Les résultats compilés dans cette revue d’études scientifiques soulignent l’importance des facteurs immunitaires dans la réponse aux traitements. À terme, mieux comprendre ces mécanismes permettrait de proposer une médecine plus personnalisée, en identifiant des sous-groupes de patients selon leur profil immunitaire. 

Enfin, ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives : considérer les troubles psychiatriques non seulement comme des maladies du cerveau, mais aussi comme des maladies impliquant l’ensemble du corps, notamment le système immunitaire. Cela pourrait conduire à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement, ciblant l’inflammation en complément des approches actuelles. 

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