La dépendance au tabac augmente le risque suicidaire chez les patients vivant avec une schizophrénie
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La dépendance au tabac augmente le risque suicidaire chez les patients vivant avec une schizophrénie

Publié le 26 mai 2026

Docteur David Misdrahi et Arnaud Tessier, respectivement psychiatre et ingénieur de recherche au centre expert Schizophrénie du Centre Hospitalier Charles Perrens (Bordeaux) 

La consommation de tabac est très fréquente chez les personnes atteintes de schizophrénie, avec une prévalence bien plus élevée que dans la population générale. Une étude, menée sur près de 1 800 patients au sein du réseau des Centres experts FondaMental pour la schizophrénie, s’est intéressée au lien entre le “craving” — c’est-à-dire l’envie irrépressible de fumer — et le risque de suicide. 

Parmi les participants, plus d’un sur deux était fumeur. Les chercheurs ont observé que plus le craving est intense, plus les idées suicidaires et les tentatives de suicide sont fréquentes. Autrement dit, les patients qui ressentent une forte envie de fumer semblent aussi plus vulnérables sur le plan psychique. 

Cependant, lorsque les scientifiques prennent en compte d’autres facteurs — comme la sévérité de la maladie, la dépression ou la consommation d’alcool —, ce lien direct disparaît. Cela signifie que le craving n’est pas, à lui seul, un facteur explicatif du risque suicidaire. 

En revanche, l’étude met en évidence un autre élément clé : les troubles liés à la consommation d’alcool. Ces derniers sont fortement associés à l’intensité du craving et au risque de suicide, mais ils n’expliquent pas entièrement la relation entre les deux. Les chercheurs concluent donc qu’il existe plusieurs mécanismes distincts qui se superposent plutôt qu’une cause unique. 

Ces résultats soulignent la complexité des troubles psychiatriques sévères. Le risque de suicide ne dépend pas d’un seul facteur, mais d’un ensemble d’éléments biologiques, psychologiques et sociaux. Chez les personnes souffrant de schizophrénie, les addictions — au tabac comme à l’alcool — jouent un rôle important dans cet équilibre fragile. 

Pour les professionnels de santé, cela implique de mieux évaluer ces comportements dans le suivi des patients. Prendre en compte le craving et les consommations associées pourrait permettre d’identifier plus tôt les personnes à risque et d’adapter les stratégies de prévention. 

En somme, cette étude rappelle que la lutte contre le tabagisme chez les personnes atteintes de troubles psychiatriques ne concerne pas seulement la santé physique : elle peut aussi être un levier important pour prévenir le suicide. 

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