Le rôle du “bruit neuronal” dans les troubles sensoriels de l’autisme
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Le rôle du “bruit neuronal” dans les troubles sensoriels de l’autisme

Publié le 12 mai 2026

Andreas Frick, Responsable du laboratoire de plasticité corticale à l’INSERM, U1215, Neurocentre Magendie (Bordeaux) et à la faculté de médecine de l’université de Heidelberg, lauréat du Prix Marcel Dassault 2019 

Chez les personnes autistes, la perception sensorielle - toucher, sons, lumières - est souvent décrite comme imprévisible ou amplifiée. Une étude scientifique apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène en s’intéressant à ce qui se passe au niveau des neurones, les cellules du cerveau. 

Les chercheurs ont étudié un modèle de souris présentant des caractéristiques proches de l’autisme. En observant l’activité de neurones impliqués dans le traitement du toucher, ils ont constaté que les réponses à un même stimulus (par exemple une stimulation de la patte) variaient beaucoup d’un essai à l’autre. Autrement dit, pour un même signal, le cerveau ne réagit pas de manière stable, mais fluctuante. 

Cette variabilité s’explique en partie par ce que les scientifiques appellent le “bruit neuronal”. Il ne s’agit pas d’un bruit sonore, mais d’une activité interne du cerveau qui perturbe le traitement des informations. Dans ce modèle, ce bruit est plus élevé et plus instable que la normale. Il provient de plusieurs sources : des fluctuations spontanées de l’activité des neurones, des oscillations anormales du cerveau, ou encore une excitabilité accrue des cellules nerveuses. 

Conséquence : les signaux sensoriels deviennent moins précis dans le temps et plus difficiles à interpréter. Cela pourrait expliquer pourquoi certaines personnes autistes peuvent être tantôt hypersensibles, tantôt peu réactives à un même stimulus. Le cerveau fonctionne alors dans des états changeants, ce qui rend la perception moins fiable. 

L’étude montre aussi que certains de ces mécanismes peuvent être partiellement corrigés chez la souris grâce à des traitements ciblant l’activité des neurones. Cela ouvre des pistes pour mieux comprendre les troubles sensoriels et, à terme, développer de nouvelles approches thérapeutiques. 

En résumé, ce travail suggère que les difficultés sensorielles dans l’autisme pourraient être liées à un “bruit” interne du cerveau, qui rend le traitement des informations moins stable et plus variable. 

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