Schizophrénie, dépression, autisme… une protéine du système immunitaire pourrait influencer le développement du cerveau 
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Schizophrénie, dépression, autisme… une protéine du système immunitaire pourrait influencer le développement du cerveau 

Publié le 28 juillet 2026

Jonathan Chabert, psychiatre, doctorant à l’Inserm au sein de l’Institut Mondor de Recherche Biomédicale (IMRB), AP-HP, Université Paris-Est Créteil (UPEC) 

Les maladies psychiatriques, comme la schizophrénie, les troubles bipolaires, la dépression ou certains troubles du spectre de l’autisme, restent encore mal comprises. Depuis plusieurs années, les chercheurs s’intéressent au rôle du système immunitaire dans leur apparition. Une nouvelle revue scientifique publiée dans Brain, Behavior, and Immunity apporte un éclairage sur une protéine appelée C4A, qui joue un rôle important dans le développement et le fonctionnement du cerveau. 

La protéine C4A appartient au système du complément, un ensemble de protéines qui participe normalement à la défense de l’organisme contre les infections. Mais elle est également produite dans le cerveau, où elle contribue à un phénomène essentiel : l’élimination des connexions nerveuses inutiles au cours du développement, un processus appelé élagage synaptique. Ce mécanisme permet au cerveau de construire des circuits neuronaux plus efficaces. Lorsqu’il devient excessif, il pourrait toutefois perturber le développement normal du cerveau. 

Pour mieux comprendre ce phénomène, Jonathan Chabert et ses collègues ont analysé l’ensemble des études disponibles reliant les quantités de C4A à l’imagerie cérébrale. Leur revue porte sur 11 études, réalisées chez des personnes souffrant de troubles psychiatriques mais aussi dans la population générale. 

Les résultats montrent que des niveaux plus élevés de C4A sont associés à de subtiles modifications de certaines régions du cerveau, notamment une structure appelée cortex entorhinal, impliquée dans la mémoire et la navigation spatiale. D’autres régions importantes pour les fonctions cognitives, comme le cortex préfrontal, semblent également concernées, même si les résultats restent variables selon les études. Les chercheurs observent également des indices suggérant une augmentation de l’inflammation cérébrale chez les personnes présentant des quantités plus importantes de C4A. 

Ces observations renforcent l’hypothèse selon laquelle un dérèglement du système immunitaire pourrait contribuer, chez certaines personnes, à des modifications du développement cérébral associées à plusieurs maladies psychiatriques. Elles ne signifient toutefois pas que C4A est responsable de ces maladies. Les auteurs rappellent que les effets observés sont généralement modestes et que de nombreux autres facteurs génétiques, environnementaux et développementaux interviennent également. 

Cette revue met aussi en évidence les limites des connaissances actuelles. Les études disponibles sont encore peu nombreuses et utilisent des méthodes très différentes, ce qui empêche de tirer des conclusions définitives. De nouvelles recherches, suivant les patients sur plusieurs années et combinant génétique, imagerie cérébrale et mesures biologiques, seront nécessaires pour confirmer ces résultats. 

En synthèse, cette revue systématique renforce l’idée que le système immunitaire pourrait participer au développement de certains troubles psychiatriques. En mettant en évidence un lien entre la protéine C4A et de légères modifications de la structure du cerveau, elle ouvre de nouvelles pistes pour mieux comprendre les mécanismes biologiques de maladies comme la schizophrénie, les troubles bipolaires, la dépression ou certains troubles du spectre de l’autisme. Si ces résultats doivent encore être confirmés, ils pourraient, à terme, contribuer au développement d’une psychiatrie plus précise et plus personnalisée. 

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