Psychoéducation

La psychoéducation est une pratique née au Québec au milieu des années 1950, et officialisée en tant que profession et discipline distincte de la psychologie par sa reconnaissance universitaire en 1971. S’inscrivant dans la philosophie de l’éducation thérapeutique, la psychoéducation a pour ambition d’améliorer la connaissance d’un individu sur sa maladie, de l’aider à détecter les signes et symptômes annonciateurs de rechute et à jouer un rôle actif dans la réduction des risques à travers une meilleure gestion au quotidien des facteurs de stress, l’adoption d’un mode de vie plus équilibré et une meilleure adhérence au traitement médicamenteux.

La psychoéducation des troubles bipolaires ou de la schizophrénie fait partie des recommandations internationales de prise en charge mais reste encore marginale à l’heure actuelle en France, bien que cette thérapie innovante soit efficace et relativement peu coûteuse.
Plusieurs études scientifiques randomisées et contrôlées ont démontré son efficacité : diminution du taux de rechutes dépressives et maniaques, diminution de la durée des hospitalisations et meilleure adhérence au traitement médicamenteux…
La psychoéducation se conçoit comme une stratégie complémentaire et indissociable de la pharmacothérapie, dont les limites dans le traitement des troubles bipolaires sont aujourd’hui bien connues. Elle est également complémentaire des autres approches psychothérapeutiques existantes.

Les principaux objectifs de la psychoéducation sont les suivants :

  • optimiser le traitement médicamenteux, en améliorant son observance, en prévenant les abus de substances et en informant sur les effets indésirables possibles ;
  • prévenir les rechutes : faciliter l’identification des symptômes annonciateurs, permettre de contrôler les situations de stress et aider à respecter les règles d’hygiène de vie ;
  • améliorer la qualité de vie du sujet dans toutes ses dimensions (personnelles, familiales, professionnelles, relationnelles) ;
  • favoriser l’acceptation du trouble et lutter contre la stigmatisation par l’information du patient et de son entourage. L’ignorance entretient l’intolérance, la peur, le rejet, la discrimination, la honte, la culpabilité …

La psychoéducation recouvre trois domaines d’action (pédagogique, psychologique, comportemental) :

  • la dimension pédagogique : partager avec pédagogie, de façon claire, structurée et objective les connaissances sur la maladie et en discuter. Une expression floue, des concepts imprécis ne peuvent qu’augmenter le potentiel considérable de confusion et d’obstacles pour les patients. Seront notamment traités la nature de la maladie et la symptomatologie (aider le patient à identifier ses symptômes), les traitements, la prévention de la rechute.
  • la dimension psychologique : soutenir le patient, l’amener à accepter  son traitement, lui donner l’espoir d’une amélioration, associer les proches…
  • la dimension comportementale : mettre l’accent sur la régularité des rythmes sociaux (rythme veille-sommeil, horaires de travail de repas…).

Pour les maladies mentales, comme les troubles bipolaires, l'accent est mis, lors des séances, sur la nécessité d'avoir une bonne hygiène de vie, de maîtriser les rythmes sociaux et de minimiser au maximum les cassures de rythme et les excès. Tout cela dans le but d'améliorer l'efficience du traitement classique et d'offrir au patient l'occasion de mieux vivre avec sa maladie. La psychoéducation offre une réponse aux défis thérapeutiques posés par les maladies mentales, liés par exemple à une mauvaise observance des traitements médicamenteux ou à l’adoption de conduites à risque.