Questions – réponses sur la Fondation FondaMental et les Centres Experts
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Questions – réponses sur la Fondation FondaMental et les Centres Experts

Publié le 26 janvier 2026

La Fondation FondaMental

Qu’est-ce que la Fondation FondaMental et quel est son objectif ? 

La Fondation FondaMental est une fondation de coopération scientifique dédiée à la santé mentale. Elle a été créée en 2007 à l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en même temps que d’autres instituts de recherche comme l’Institut du Cerveau (ICM) ou l’Institut Imagine, après que le Professeur Marion Leboyer a répondu à un appel d’offres pour la création d’un Réseau Thématique de Recherche et de Soins (RTRS). La Fondation FondaMental a les mêmes capacités juridiques qu’une fondation reconnue d’utilité publique et œuvre à une mission d’intérêt général tel que prévu par la loi. Elle intervient sur des grands programmes de recherche thématiques en psychiatrie, en s’appuyant sur des moyens tant publics que privés.   

Son statut de fondation de droit privé et d’organisme à but non-lucratif lui permet, conformément à la loi, de recevoir des financements publics et privés (dons, legs et mécénat), pour soutenir la recherche et l’innovation en psychiatrie et ce, au bénéfice exclusif des patients et de leur famille.  

La Fondation est dotée d’un commissaire du gouvernement, qui s’assure du respect de l’intérêt général. 

Elle s’est fixé quatre missions :  

  • Soutenir l’innovation dans l’organisation des soins
  • Accélérer la recherche en psychiatrie Diffuser les savoirs
  • Briser les préjugés sur les maladies mentales
  • Soutenir l’innovation dans l’organisation des soins 

Depuis 2010, la fondation FondaMental a créé et coordonne un réseau de Centres experts, plateformes de diagnostics et de recherche. Parmi ses réalisations, elle a coordonné un projet de parcours de soins pour les troubles bipolaires (passport BP, article 51), a mis en place des outils de psycho éducation, d’information et de formation pour les patients et leurs proches (Bref, LENA, BAE, MyMood etc..).  

Accélérer la recherche en psychiatrie

En répondant à des appels d’offres nationaux (Programme Investissements d’avenir, Agence nationale pour la recherche…), et grâce au mécénat, la Fondation soutient des projets visant à améliorer la précision des diagnostics, à mieux comprendre les causes des maladies mentales et à déployer des innovations thérapeutiques. Elle a participé et participe aussi à de nombreux projets européens (Horizon 2020, Era Net Neuron…) et a contribué à la création de consortiums internationaux avec l’Allemagne (centres d’excellence), avec l’Angleterre (French-UK consortium for the discovery of biomarkers of mental disorders)…  

Diffuser les savoirs

La Fondation FondaMental organise tous les ans un cycle de conférences destinées à améliorer la formation et l’information sur des grands enjeux concernant les maladies mentales. Elle organise ou participe régulièrement à des Congrès nationaux et internationaux.  

Briser les préjugés sur les maladies mentales

La Fondation FondaMental se mobilise pour lutter contre la stigmatisationdes troubles psychiatriques et des personnes qui en sont atteintes. Elle œuvre à diffuser les résultats de la recherche et milite en faveur d’une politique publique volontariste en matière de santé mentale.   

Pour atteindre ces objectifs, la Fondation : 

  • Organise des événements pour informer le grand public et lutter contre la stigmatisation des maladies mentales
  • Répond aux invitations et demandes des journalistes et des décideurs, pour partager ses données et résultats de recherche scientifique afin de contribuer à un débat public éclairé
  • Œuvre au transfert des connaissances auprès des chercheurs, professionnels de santé et associations, à travers des conférences, des congrès scientifiques et des journées dédiées aux patients.  

Les Centres Experts

Qu’est-ce que les Centres Experts FondaMental ?

Conçus et déployés par la Fondation FondaMental depuis 2010, les Centres Experts sont des plateformes de diagnostic et de recherche qui réalisent des bilans diagnostiques approfondis pour les patients présentant une dépression, une schizophrénie, un trouble bipolaire ou un trouble du spectre de l’autisme.  

Inspirés du modèle des Centres Experts pour les maladies neurodégénératives (Centres Experts Parkinson ou Alzheimer) ou les maladies rares, ils reçoivent les patients, adressés par leur médecin (psychiatre ou médecin généraliste), et proposent une évaluation standardisée, systématique et exhaustive (psychiatrique, somatique, cognitive et biologique). Celle-ci est réalisée par des équipes multidisciplinaires intégrées au sein d’établissements publics de santé, généralement des services de psychiatrie de secteur et/ou universitaires (CH/CHU).   

Ce bilan permet d’établir un diagnostic précis et de proposer des recommandations thérapeutiques personnalisées, comme cela se fait déjà dans d’autres disciplines, notamment en oncologie.​ A l’issue de ce bilan, une consultation de restitution est proposée aux patients et ses proches, et un compte rendu détaillé est fourni au médecin adresseur, avec les résultats du bilan réalisé et les recommandations thérapeutiques personnalisées.  

Les Centres Experts sont une étape importante dans le parcours de soins et œuvrent en coordination avec les professionnels de santé en charge du suivi (les psychiatres des CMPs, les psychiatres libéraux, les médecins généralistes). 

Comment les Centres Experts se positionnent-ils par rapport à la psychiatrie de secteur et à notre système de santé ?  

L’ensemble des Centres Experts coordonnés par la Fondation FondaMental font partie intégrante de services de psychiatrie de secteur et/ou universitaires, localiséssur l’ensemble du territoire. Ces centres de recours se positionnent dans le parcours de soin, en complément de la psychiatrie de secteur, des services hospitaliers, des CMP (Centres Médico-Psychologiques) ou de l’offre libérale.  

Les Centres Experts n’ont pas vocation à traiter les urgences psychiatriques, ni à accueillir des patients en crise aiguë — ce rôle appartient aux services d’urgences psychiatriques et aux structures de 1er et 2ème niveaux de soins. 

Les Centres Experts interviennent en 3ᵉ niveau dit de recours, c’est-à-dire dans le cadre d’une approche spécialisée et complémentaire, lorsque la situation clinique d’un patient nécessite un bilan approfondi, une expertise diagnostique, ou une optimisation de la stratégie thérapeutique. Les patients y sont adressés par leur médecin. Ils présentent souvent des troubles graves et complexes (dépression résistante, troubles bipolaires sévères, schizophrénies, troubles du spectre de l’autisme), difficiles à stabiliser. Beaucoup ont une histoire marquée par des années d’errance diagnostique ou de traitements inefficaces. 

Comment sont financés les Centres Experts ?  

À ce jour, le financement des Centres Experts FondaMental est exclusivement public, via : 

  • La DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soins), avec des financements versés directement aux hôpitaux hébergeant les Centres Experts.
  • Les ARS (Agences Régionales de Santé), via des crédits FIR (Fonds d’Intervention Régional), également versés aux hôpitaux hébergeant les
  • Centres Experts  Les hôpitaux, qui apportent leurs moyens propres. 

Ce financement est spécifiquement destiné à contribuer à couvrir les salaires de l’équipe d’un centre expert. Il est hétérogène d’un centre à l’autre et très souvent insuffisant pour faire face aux demandes croissantes de bilans. Rappelons que les équipes des Centres Experts peuvent être amenées à participer aux autres missions des services dont ils font partie, comme les urgences ou les consultations sur les CMP.  

Quel est l’intérêt des Centres Experts spécialisés par diagnostic ? Qu’est-ce que cela permet pour les patients ?  

Déployés progressivement depuis 2010, ces Centres ont cherché à évaluer l’impact qu’ils avaient sur le pronostic de la maladie et ont ainsi apporté la preuve de leur efficacité. Selon une première étude publiée en 2017, nous avons montré que, 12 mois après un 1er bilan effectué en Centre Expert Bipolaire, le pronostic des patients s’améliore nettement, comme en attestent une baisse de moitié des ré-hospitalisations, une amélioration de l’observance des traitements, une diminution de l’intensité des symptômes, et un dépistage des comorbidités médicales non-psychiatriques. 

Depuis, de nombreuses études ont analysé l’impact des bilans diagnostiques réalisés dans les Centres Experts pour différentes pathologies. Ces travaux ont donné lieu à plusieurs publications dans des revues internationales après avoir été évalués par des comités scientifiques, attestant de la rigueur méthodologique et de la solidité de ces résultats. Vous pouvez retrouver ces résultats dans l’onglet « La Recherche » sur cette page.  

Comment expliquer une telle réussite ? 

La force de ces réseaux est de permettre aux équipes de travailler ensemble sur tout le territoire. Les Centres Experts sont en effet regroupés en réseau par pathologie, à l’échelle nationale, pour faciliter la collaboration entre équipes, alimenter une base de données anonymisées permettant aux médecins et aux chercheurs d’exploiter des données observationnelles et longitudinales, afin de mieux connaitre et comprendre les maladies mentales, d’identifier des sous-groupes de patients et proposer les traitements qui leur sont les plus adaptés.  

Les Centres Experts établissent ainsi un cercle vertueux qui permet de progresser vers une psychiatrie de précision et un accompagnement sur-mesure.  

C’est quoi, la psychiatrie de précision ?

Aujourd’hui pour poser un diagnostic, les psychiatres s’appuient sur les symptômes cliniques observables, comme la tristesse, l’anxiété, la fatigue, la présence d’hallucinations… Ces symptômes sont mesurables de manière standardisée à l’aide d’outils validés au plan international. Ces outils ont permis de poser des diagnostics de manière plus harmonisée entre différentes équipes et sur tous les continents 

La recherche en psychiatrie de précision a pour objet d’aller plus loin, en enrichissant les classifications diagnostiques avec des biomarqueurs mesurables, quantifiables et objectifs, utilisant les outils de l’imagerie cérébrale, la biologie, l’électrophysiologie, le digital… Ces signaux biologiques permettront demain d’identifier des biomarqueurs de pronostic ou de stratification, et de regrouper des patients ayant des caractéristiques similaires (production d’auto-anticorps contre les récepteurs cérébraux, anomalies métaboliques ou anomalies de connectivité cérébrale, par exemple), afin de mieux comprendre les causes de la maladie, de poser des diagnostics plus précis et de développer des stratégies thérapeutiques plus ciblées.  

À partir de ces connaissances, il deviendra possible de : 

  • Personnaliser les stratégies thérapeutiques (traitements médicamenteux, prise en charge psychothérapeutique, amélioration de l’hygiène de vie…) en fonction du profil biologique et des symptômes de chaque patient.
  • Mesurer l’efficacité d’innovations thérapeutiques en utilisant des critères d’évaluation objectifs lors des essais cliniques.
  • Accélérer la mise au point de nouveaux traitements conçus pour cibler précisément ces mécanismes biologiques au sein de sous-groupes homogènes de patients.  

L’objectif de la psychiatrie de précision est simple : offrir à chaque patient le bon traitement au bon moment, et ainsi réduire le “tâtonnement” qui existe encore parfois dans le choix des thérapies. Comme en cancérologie ces vingt dernières années, ces progrès pourraient transformer les soins et améliorer radicalement la qualité de vie des patients. Cette approche ne remplace pas la relation humaine, qui reste au cœur de la prise en charge. Elle apporte au contraire des outils supplémentaires pour éclairer les décisions médicales

Peut-on attendre des Centres Experts un accès facilité à l’innovation thérapeutique ? 

Les Centres Experts peuvent, lorsque cela est pertinent pour le patient, l’orienter vers des structures proposant des thérapies innovantes. Les équipes des Centres Experts peuvent également proposer aux patients de participer à des études menées par la Fondation FondaMental, lorsque cela est justifié et avec leur accord. C’est le cas par exemple du projet TiM-DePist, qui vise à identifier des patients porteurs d’auto-anticorps qui ciblent les récepteurs de certains neurotransmetteurs, pour leur proposer de participer à un essai thérapeutique associant une immunothérapie à leur traitement habituel.  

Pourquoi pérenniser les Centres Experts ? 

Les maladies mentales sont un grand enjeu de santé publique de par leur fréquence et leur impact. Pourtant, les délais d’attente avant d’avoir un rendez-vous pour un bilan diagnostique en centre expert sont aujourd’hui encore trop longs (1 an en moyenne) et constituent une véritable perte de chances pour les patients. C’est pourquoi la Fondation FondaMental et un collectif de patients et de personnels hospitaliers demandent la pérennisation de ces Centres et leur généralisation sur les territoires.  

  • Alors qu’une personne sur trois sera exposée, au cours de sa vie, à la maladie mentale, il est plus que jamais nécessaire de pérenniser le dispositif des Centres Experts. Leur rôle est essentiel pour garantir une prise en charge spécialisée, au bénéfice des 13 millions de Français concernés et des 9 millions d’aidants qui les soutiennent. Assurer leur maintien, c’est répondre à un enjeu majeur de santé publique.
  • D’après une étude de McKinsey publiée en avril 2025, chaque dollar investi en santé mentale pourrait générer un retour sur investissement de 5 à 6 dollars. Les troubles mentaux ne bénéficient que de 2 % des dépenses publiques nationales de santé dans le monde, ce qui se traduit par un déficit de financement annuel de 200 à 350 milliards de dollars. 

La recherche

Quels résultats concrets montrent le dynamisme de la recherche menée grâce aux Centres Experts ? 

Les équipes de recherche et les Centres Experts de la Fondation FondaMental ont contribué à plusieurs découvertes majeures :  

  • Les progrès de la génomique ont permis d’améliorer l’identification du terrain génétiquequi favorise l’apparition des troubles bipolaires, de l’autisme ou de la schizophrénie. Cela nous permet de mieux comprendre les mécanismes étiologiques qui sous-tendent ces maladies, comme les mutations des gènes impliqués dans la mise en place de l’appareil synaptique dans les troubles du spectre de l’autisme, l’association à des variants fonctionnels de l’immunité innée et adaptative, à des haplotypes du système du complément qui sous-tendent l’élagage synaptique, à des gènes de l’horloge, etc…
  • Les techniques d’imagerie cérébrale nous ont conduits à mieux identifier les régions cérébrales impliquées dans les maladies psychiatriques ; ce qui permet de proposer des thérapies adaptées à chaque patient, comme c’est déjà le cas pour la r-TMS (stimulation magnétique transcrânienne). Grâce à un ciblage de zones précises du cerveau, cette technique permet de soigner les dépressions résistantes, par exemple.
  • L’établissement de liens entre dysfonctionnement immunitaire et maladies mentales a permis de montrer que 40 % des maladies psychiatriques sont associées à une inflammation chronique. Identifier des patients porteurs de cette inflammation nous permet de tester l’efficacité de stratégies thérapeutiques anti-inflammatoires.
  • Les études épidémiologiques ont montré que le syndrome métabolique (obésité, hypertension artérielle, dyslipidémie et/ou hyperglycémie) touche plus de 20% des individus vivant avec un trouble bipolaire, contre 10 % de la population générale en France. Or, ce syndrome entraine un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires, qui sont l’une des principales causes de mortalité chez les patients souffrant d’un trouble bipolaire. Il est donc essentiel de proposer un dépistage systématique du syndrome métabolique chez ces patients et de proposer une prise en charge globale.  

Signe du dynamisme de cette recherche en psychiatrie au sein des Centres Experts, plus de 200 publications scientifiques internationales issues de l’animation de ces réseaux, qui comptent parmi les plus grandes cohortes dans le monde, ont été produites en l’espace de 10 ans.  

La Fondation FondaMental s’intéresse-t-elle uniquement à la biologie ?

Non. La Fondation adopte une approche globale et intégrative, et étudie la multiplicité des facteurs impliqués dans les maladies mentales : biologiques, environnementaux, psychologiques et sociaux. Elle a contribué à développer de nombreux programmes de thérapies psychosociales comme la psychoéducation dès les années 2010, ou les programmes d’aide aux aidants (Bref, Leo…). Elle reconnaît pleinement l’importance de la précarité, du niveau socio-économique, des traumatismes ou encore de la pollution comme facteurs de vulnérabilité.  

Comme dans toutes les disciplines médicales, la prévention et l’innovation avancent de pair. Il est indispensable d’agir sur les facteurs de risque et en même temps de développer des outils diagnostiques plus précis, ainsi que de nouvelles solutions thérapeutiques. Ces deux approches contribuent à une prise en charge plus efficace.  

Quelles sont les références des publications scientifiques évaluant l’impact des bilans diagnostiques réalisés dans les Centres Experts coordonnées par la Fondation FondaMental ?  

L’évaluation continue et l’amélioration de l’efficacité de la prise en charge au sein des Centres Experts constituent un objectif central de notre action, porté conjointement par les équipes des Centres Experts et par la Fondation FondaMental. 

À ce titre, de nombreuses études ont analysé l’impact des bilans diagnostiques réalisés dans les Centres Experts. Ces travaux ont donné lieu à plusieurs publications dans des revues internationales après avoir été évalués par des comités scientifiques, attestant de la rigueur méthodologique et de la solidité de ces résultats. 

La synthèse de l’ensemble des résultats publiés à partir des données recueillies dans les centres experts bipolaires a été publiée dans le Journal of Affective Disorder en 2022 : 

De nombreuses autres études scientifiques ont permis de démontrer :  

  • Une amélioration de l’observance des traitements sur un suivi de 2 ans, pour les patients bipolaires. Ces données ont été publiées dans un journal international à comité de lecture « Journal of Affective Disorders » en 2021 : Trajectories of medication adherence in patients with Bipolar Disorder along 2 years-follow-up. Consolini JL, M’Baila K, Perchec C et al. Journal of affective disorders Volume 282, 1 March 2021, Pages 812-819
  • L’importance des comorbidités somatiques dans les troubles bipolaires, la schizophrénie et la dépression résistante, pathologies évaluées au sein des centres experts. A la suite de ces résultats scientifiques sur l’importance du syndrome métabolique – une première en France et repris à l’international -, des applications pratiques ont été proposées aux patients, comme des groupes de psychoéducation sur le syndrome métabolique.
  • L’article de Dubreucq et al (2019) montre, sur un petit nombre de patients (N=183), qu’après un passage en Centre expert Schizophrénie, l’accès aux thérapies psychosociales est beaucoup plus important, passant de 4% à 35%, et que ceux qui ont eu accès à ces thérapies voient leur pronostic s’améliorer. 
  • Un autre article publié en 2019 apporte également des résultats encourageants concernant les patients suivis dans les Centres Experts Schizophrénie. Si l’article est centré sur le concept de « staging », qui consiste à classer les patients selon la gravité et le stade d’évolution de leur maladie, il comporte également une analyse exploratoire intéressante. Celle-ci montre que les patients les plus sévèrement atteints (stades modéré à sévère) s’améliorent un an après un passage en Centre Expert, comme en témoignent une réduction de la sévérité clinique, une amélioration de la qualité de vie, une réduction des symptômes dépressifs associés et une meilleure adhésion au traitement. En revanche, les patients au stade le moins sévère restent globalement stables. Même s’il s’agit d’analyses exploratoires, ces résultats renforcent l’idée que les bilans réalisés dans les Centres Experts peuvent avoir un effet bénéfique sur l’évolution de la maladie pour les patients avec des formes modérées à sévères.
  • Enfin, un article d’Henry et al (2017), portant sur des patients bipolaires reçus en Centres Experts, montre une amélioration des symptômes résiduels, une amélioration du fonctionnement global, une amélioration des troubles du sommeil, une diminution des comorbidités psychiatriques (troubles anxieux, addictions, etc.), une meilleure adéquation des traitements avec les recommandations internationales pour le trouble bipolaire et une réduction de 50 % des ré-hospitalisations des patients bipolaires 12 mois après un premier bilan en Centres Experts. Ces données sont en cours de réplication pour les patients atteints de schizophrénie et de comparaison avec les données de la sécurité sociale qui permettent de mettre en regard les patients suivis avec ou sans bilan en Centre Expert dans le cadre d’un projet PREPS.  

Les résultats sur les performances des Centres Experts sont donc multiples et à disposition. Vous en trouverez davantage ici : Les publications scientifiques | La Recherche & Les projets | Fondation FondaMental

La participation des patients à la recherche

Quel rôle jouent les patients et leurs proches dans la recherche ?

Premiers concernés, les patients et leurs proches jouent un rôle actif dans la recherche en psychiatrie : participation aux cohortes, conseils de patients, co-conception des projets de recherche… Leur implication garantit que la science réponde aux besoins réels du terrain et contribue à une démarche scientifique plus ancrée dans leur expérience vécue

Est-il clair pour les patients que les bilans réalisés en centres experts servent aussi pour la recherche, et comment en sont-ils informés ?  

Chaque patient reçu en Centre Expert est pleinement maître de ses données : il choisit d’autoriser ou non leur usage, et dispose conformément à la législation en vigueur d’un droit de rectification ou de suppression de ses données sans que cela n’ait d’impact sur sa prise en charge.   

Les patients sont informés du cadre d’utilisation de leurs données et y consentent via un formulaire de non-opposition. Ils sont par ailleurs informés de la possibilité de rectification ou suppression à tout moment de ces données.​ Lorsque des données biologiques sont collectées, celles-ci font l’objet d’un consentement éclairé spécifique, recueilli auprès du patient, conformément aux exigences légales et éthiques applicables à la recherche biomédicale.  

Les données collectées dans le cadre des Centres experts sont anonymisées, sécurisées et utilisées uniquement à des fins de recherche scientifique, dans le strict respect des règles éthiques après autorisation par la CNIL et du Comité de Protection des Personnes (CPP). Les données sont hébergées en France par des opérateurs certifiés HDS (Hébergement de Données de Santé) et qualifiés SecNumCloud 3.2 par l’ANSSI. 

L’approche de l’open science menée par la Fondation se limite à la recherche scientifique publique, permettant ainsi une amélioration collective des connaissances et des soins 

Par ailleurs, les dispositifs de protection des données mis en place sont contrôlés par un Délégué à la Protection des Données (DPO), qui accompagne la Fondation en vérifiant la conformité, documente l’usage et prévient toute dérive. Le cadre législatif en vigueur en France et en Europe sur le traitement des données de santé est strict et limite tout détournement ou exploitation à des fins commerciale des données de santé.  

Cas particulier des données biologiques collectées dans le cadre de projets de recherche

Concernant les données biologiques collectées dans le cadre de recherches impliquant la personne humaine (RIPH), les patients doivent remplir et signer un formulaire de consentement, conformément aux dispositions du code de la santé publique. Cette bio-collection au sein des Centres Experts a fait l’objet d’une déclaration auprès du ministère de la Recherche, de l’ANSM et de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), et a reçu l’avis favorable des Comités de Protection des Personnes (CPP) de la Pitié Salpêtrière et de l’hôpital Saint-Antoine.  

La participation à ces projets de recherche est libre et ne donne lieu à aucune indemnité. En application de la loi CNIL et conformément à la législation RGPD, le patient a le droit de refuser d’y participer ou de retirer, limiter ou rectifier son consentement à tout moment, sans avoir à en expliquer les raisons et sans que sa décision n’ait de conséquence sur sa prise en charge médicale.

Nos soutiens

Comment voyez-vous le rôle de vos divers mécènes dans votre activité ?

La Fondation FondaMental a le statut de fondation de droit privé et d’organisme à but non-lucratif, ce qui lui permet, conformément à la loi, de recevoir des financements publics et privés (dons, legs et mécénat), pour soutenir la recherche et l’innovation en psychiatrie et ce, au bénéfice exclusif des patients et de leur famille.  

Ce statut est apparu en 2007, à l’initiative des pouvoirs publics, afin de permettre la création, par décret simple et non par décret en Conseil d’Etat, de fondations ayant vocation à intervenir sur des grands programmes de recherche thématiques. Il prévoit leur financement par des sources privées dont les dons, legs et produits du mécénat. La fondation FondaMental a ainsi été créée pour soutenir la recherche et l’innovation en psychiatrie.   

Cette alliance des forces publiques et privées, qu’il s’agisse de grands ou de petits donateurs, permet de faire avancer la recherche et l’innovation en psychiatrie au bénéfice des patients.  

Comment garantir une indépendance de votre recherche vis-à-vis d’eux ? 

Le soutien de nos donateurs privés (entreprises et particuliers) est strictement encadré et transparent. Il n’entache en rien l’intégrité scientifique ni l’indépendance de la Fondation, qui poursuit avant tout une mission d’intérêt général dans la recherche et l’innovation en psychiatrie. 

Les décisions stratégiques et scientifiques sont prises en toute indépendance, avec l’appui de comités d’experts scientifiques composés de chercheurs et de professionnels internationaux reconnus. 

La Fondation est un réseau de services hospitaliers et d’équipes de recherche qui travaillent ensemble depuis maintenant près de 20 ans. Nous réunissons plus de 500 chercheurs associés, dont un grand nombre sont reconnus internationalement. Tous nos travaux sont évalués par nos pairs à l’échelon national et international, sans aucune influence extérieure, conformément aux règles d’éthique et de déontologie, et nous en faisons bénéficier directement les patients à travers les Centres Experts. 

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