Recherche menée au sein des Centres Experts

L’enjeu majeur des troubles du sommeil dans la schizophrénie

Publié : 12 février 2021

Les troubles du sommeil sont un phénomène fréquent chez les personnes atteintes de schizophrénie. A ce jour, peu de recherches se sont intéressées à sa prévalence et aux facteurs de risque associés. Une étude menée au sein des 10 Centres Experts FondaMental Schizophrénie révèle une forte prévalence, qui impacte la qualité de vie des patients, et permet d’identifier plusieurs facteurs sur lesquels agir.

Un impact sur la qualité de vie

Les troubles du sommeil sont une comorbidité fréquente en psychiatrie.
 
Bien que la proportion des troubles du sommeil dans la schizophrénie soit importante, elle n’a jamais été mesurée jusqu’alors dans des études longitudinales. 
 
Il est donc pertinent d’explorer les troubles du sommeil pour améliorer à la fois la qualité de vie des patients mais aussi le traitement de base qui leur est prescrit.

Plus d’un patient sur deux souffrent de troubles du sommeil

Grâce aux données cliniques recueillies dans les 10 Centres Experts Schizophrénie de la Fondation FondaMental, l’étude a été menée sur la cohorte nationale FACE-SZ.
 
Les chercheurs ont fait passer des questionnaires de précision à 562 patients suivis au sein des Centres Experts FondaMental. L'objectif de cette étude était de déterminer la prévalence et les facteurs de risque des troubles du sommeil
 

« D'après notre expérience clinique, notre hypothèse était que les troubles du sommeil seraient fréquents et associés à une dépression majeure, à une diminution de l'activité physique, à une mauvaise observance et aux effets secondaires des traitements. » nous explique Pierre-Louis Sunhary de Verville, psychiatre à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille. 

 
Le résultat est sans appel : 58% des patients rapportent au moins un trouble du sommeil parmi lesquels troubles d’endormissement, réveils nocturnes, excès de sommeil ou somnolence pendant la journée. 
 
Cela représente plus d’un patient sur 2, soit plus de quatre fois la prévalence des troubles du sommeil dans la population générale française (13,1%) et plus de cinq fois la prévalence mondiale (10%). 
 
« Cette fréquence élevée confirme que l'évaluation et la prise en charge des troubles du sommeil sont un enjeu majeur chez les personnes atteintes de schizophrénie. » souligne Pierre-Louis Sunhary de Verville. 

Identification de plusieurs facteurs

Cette étude a démontré que la qualité de vie des patients était fortement impactée par les troubles du sommeil. Les chercheurs ont ainsi identifié des facteurs explicatifs qui pourraient représenter des cibles d’intervention, tels que :
 
  • la migraine,
  • l’épisode dépressif,
  • une mauvaise adhérence au traitement,
  • l’akathisie (impossibilité de s'asseoir ou de rester dans la position assise, un besoin irrépressible d'agitation), un effet secondaire de certains antipsychotiques.

Les Centres Experts FondaMental au service des patients

« Les Centres Experts proposent des interventions multi-facettes comme la psychothérapie ou les modifications de traitement qui peuvent améliorer les troubles du sommeil dans la schizophrénie » témoigne le Dr Guillaume Fond, psychiatre et chercheur au sein des Centres Experts Schizophrénie.
 
Par exemple, la thérapie cognitive et comportementale pour l’insomnie (TCC-I) est une psychothérapie spécifique au traitement des troubles du sommeil qui a montré son efficacité dans un essai randomisé contrôlé chez des patients schizophrènes.
 
L'amélioration de l'observance, le traitement du trouble dépressif majeur et la correction de l'akathisie apparaissent comme les meilleures stratégies pour améliorer la qualité du sommeil des patients schizophrènes. « Nos résultats suggèrent également que traiter les troubles du sommeil pourrait potentiellement améliorer l’observance du traitement, la dépression, l’agressivité et la qualité de vie des patients » explique le Dr Guillaume Fond. Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer l’efficacité de ces interventions.
 
Source : Pierre-Louis Sunhary de Verville, Marion Leboyer, Guillaume Fond et al. 
 
 
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