Troubles obsessionnels compulsifs résistants

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) touchent 2% de la population. Maladie d’évolution chronique, les TOC peuvent apparaître dans l’enfance et entraînent un handicap majeur. Des traitements existent et les progrès  de la science permettent de mieux en comprendre les mécanismes.

Pensées envahissantes et comportements répétitifs

Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) est caractérisé par des pensées intrusives, angoissantes et envahissantes qui peuvent être présentes plusieurs heures durant la journée mais aussi par des comportements exagérés ou répétés à outrance. Les patients rapportent spontanément le caractère « absurde » de ces idées et rituels : passer la nuit entière à faire le ménage, vérifier à maintes reprises qu’une porte est bien fermée à clé, refaire une action au moins six fois ou encore se laver les mains incessamment...

Une maladie très handicapante au quotidien

On parle de TOC dès lors que ces obsessions et les compulsions qui leurs sont associées ont une répercussion sur la vie quotidienne des patients. Le TOC devient alors une maladie chronique qui entraîne un handicap psychosocial majeur : arrêt de travail, abandon de la vie sociale, ruptures familiales, etc...

La vérification et le doute au cœur des TOC

Composante majeure des troubles obsessionnels compulsifs, le rituel de vérification est exécuté dans le but de soulager l’anxiété associée à des idées obsédantes et un doute envahissant.
Processus naturel, la vérification est mise en pratique au quotidien par tous les individus. Dans le cas des TOC, la vérification ne permet pas d’apaiser le doute, qui devient dès lors envahissant et pathologique.

Les apports de l’imagerie cérébrale

Des travaux de recherche menés en imagerie cérébrale ont permis d’explorer les mécanismes cérébraux de la vérification compulsive.
Dans le TOC, on observe des modifications du cortex préfrontal, une zone impliquée dans le traitement de l’émotion et le contrôle de ses actions. On l’observe aussi dans les noyaux gris centraux, des régions qui sont impliquées dans l’automatisation des comportements.
En modifiant génétiquement le fonctionnement de ces noyaux sur des souris, certains chercheurs ont pu recréer chez elles un comportement ressemblant au TOC de lavage.

D’autres champs de recherche sont également mobilisés pour mieux comprendre les causes et les mécanismes physiopathologiques impliqués dans les TOC : l’influence de facteurs génétiques ou encore le rôle de certaines infections sont notamment à l’étude.

Les traitements du TOC

Il existe aujourd’hui deux types de traitements prescrits indépendamment ou de façon combinée.

  • Les psychothérapies cognitives et comportementales (TCC) proposent au patient d’apprendre à identifier ses obsessions, à comprendre leur mécanisme et à ne pas céder à la compulsion de faire ses rituels.
  • La prescription de médicaments (inhibiteurs de recapture de la sérotonine) permet d’agir sur l’état des connexions entre les différentes régions cérébrales qui dysfonctionnent.

Ces traitements sont efficaces dans 80% des cas,  aboutissant soit à la guérison, soit à la nette atténuation des symptômes. Cependant, jusqu’à 20% des patients (1 sur 5) restent résistants et ne constatent pas d’amélioration dans leur quotidien.

La neurochirurgie pour améliorer les TOC résistants

La stimulation cérébrale profonde est une technique neurochirurgicale non destructive, adaptable et réversible, qui permet d’atténuer ou de supprimer les symptômes en modulant l’activité des circuits cérébraux. Du fait du caractère invasif de cette technique, la stimulation cérébrale profonde n’est envisagée que dans les cas les plus graves de troubles obsessionnels compulsifs, notamment ceux qui se sont avérés résistants aux stratégies thérapeutiques habituelles. Des électrodes sont implantées dans les ganglions de la base et délivrent un courant en continu grâce à un pacemaker placé sous la clavicule. C’est un traitement à vie.
D’autres travaux de recherche explorent de nouvelles voies thérapeutiques tels que l’optogénétique ou encore les dispositifs innovants de compensation du handicap.