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Point recherche du 29 juin - Delphine Capdeville

Publié le 29 juin 2022

«56,3% des patients vivant avec une schizophrénie ont des difficultés à prendre des décisions pour la vaccination contre la COVID-19.»

Pr Delphine Capdeville, chef du Pôle universitaire de psychiatrie au CHU de Montpellier. 

La pandémie du COVID 19 a fortement impacté les patients souffrant de schizophrénie en rendant plus complexes l’accès aux soins, les prises en charge mais aussi par les conséquences majeures sur leur santé physique. Plusieurs études ont montré que souffrir d’un trouble mental sévère, et plus particulièrement de schizophrénie augmente le risque d’être infecté et de présenter des formes graves, avec un risque de mortalité accru.

La vaccination des personnes souffrant de schizophrénie a donc été très rapidement une question majeure pour tous les acteurs de la santé mentale. Plusieurs freins à cette vaccination peuvent exister et notamment les difficultés dans les capacités de prises de décision et plus particulièrement dans la capacité à consentir, capacité à consentir qui est altérée dans ce trouble notamment pour la prise de traitements antipsychotiques. Lors d’un projet ayant bénéficié d’un financement ANR, l’équipe du Pr Capdevielle et du Pr Raffard s’est donc intéressée à la capacité à consentir à la vaccination qui a été évaluée chez 80 patients souffrant de schizophrénie. Pour cela, ils ont utilisé un outil, la MacArthur Competence Assessment Tool for Treatment, qui évalue la compréhension du traitement, l’appréciation que le patient fait de ce traitement, la capacité de raisonnement et la capacité à exprimer un choix par rapport à un traitement. Les résultats montrent que 56,3% des patients sont évalués comme ayant des capacités à consentir à la vaccination diminuée et que cette diminution des capacités est associée à des taux bas de vaccination, mais aussi des troubles cognitifs et un taux élevé de symptômes psychotiques.

Ces données soulignent l’importance de développer des interventions spécifiques pour améliorer la capacité à consentir aux traitements des patients, que ce soit dans le cadre spécifique des soins pour leur trouble psychotique mais aussi dans le cadre de leurs soins pour leurs pathologies somatiques. La pandémie à COVID 19 souligne une fois de plus l’importance majeure de prendre en compte la santé somatique des patients souffrant de troubles mentaux sévères.

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