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Schizophrénie et qualité de vie : sur quels facteurs agir ?

Publié : 04 janvier 2021

La schizophrénie compte parmi les pathologies psychiatriques associées à la plus forte altération de la qualité de vie. Une étude conduite par la Fondation FondaMental explore les facteurs sur lesquels agir.

« L’altération de la qualité de vie est un obstacle majeur au rétablissement des personnes présentant une schizophrénie », rappelle le Dr Guillaume Fond (Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille), premier auteur de l’étude.

« Identifier les facteurs associés à cette altération est une priorité pour les patients, les familles et les praticiens ».
 
C’est le but de cette étude conduite par les Centres Experts schizophrénie de la Fondation FondaMental, qui a porté sur 559  patients reçus dans l’une des dix consultations spécialisées réparties sur le territoire français.
 
Inédite en France, elle a permis d’analyser les facteurs d’altération de la qualité de vie à partir de données standardisées à grande échelle chez des patients atteints de schizophrénie stabilisés et traités en ambulatoire.

5 facteurs associés à la perte de qualité de vie

Les résultats suggèrent une association entre l’altération de la qualité de vie et la présence d’une dépression majeure, d’une agressivité, d’un IMC* élevé, de troubles du sommeil et de l’insight, indépendamment de l’âge, du sexe, des traitements antipsychotiques, et du tabagisme.
 
Fréquemment sous-traitée dans la schizophrénie, la dépression majeure est associée, dans cette étude, à une altération du bien-être psychologique et physique mais aussi à une altération de l’estime de soi. «Nos travaux suggèrent que même une dépression de faible intensité ou résiduelle peut être associée à une altération de la qualité de vie» précise le Dr Guillaume Fond.
 
L’agressivité influe quant à elle sur plusieurs aspects de la qualité de vie, que ce soit le bien-être psychologique, l’estime de soi, les relations amicales, la vie sentimentale et l’autonomie.
 
Il en va de même pour l’altération de la qualité du sommeil qui est plus spécifiquement associée à une altération du bien-être psychologique et physique et de la vie sentimentale.
 
Quant à l’augmentation de l’IMC (indice de masse corporelle), elle est aussi associée à une altération du bien-être physique.

Améliorer la qualité de vie

Ces différentes dimensions pourraient donc constituer des cibles thérapeutiques susceptibles d’avoir un effet bénéfique sur la qualité de vie des patients. Des programmes d’intervention existent déjà, d’autres restent à construire.
 
De futures études seraient toutefois nécessaires afin de déterminer l’intérêt d’agir sur ces différents facteurs et l’efficacité des stratégies existantes pour améliorer la qualité de vie des personnes présentant une schizophrénie.
 
* l’IMC correspond à l’indice de masse corporelle, qui permet d’évaluer la corpulence d’une personne en fonction de sa taille et de son poids.
 
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