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Covid-19 : le risque de forme grave et de mortalité est deux fois plus élevé pour les malades atteints de troubles psychiatriques

Publié : 08 septembre 2021

Une étude initiée par le réseau d’Immuno-NeuroPsychiatrie du Collège européen de neuropsycho-pharmacologie, publiée dans Lancet Psychiatry confirme que les malades du Covid-19 qui présentent des troubles psychiatriques sont plus vulnérables au risque de mortalité et de développement de formes graves.

Publiée dans Lancet Psychiatry, la plus grande revue systématique et méta-analyse réalisée à ce jour sur la sévérité de l’infection COVID-19 chez les personnes souffrant de troubles psychiatriques compile les données de 33 études réalisées dans 22 pays, comprenant 1 469 731 patients atteints de COVID-19, dont 43 938 souffraient de troubles mentaux.
 

Des patients plus à risque (et pourtant moins hospitalisés)

Après une infection par le SRAS-CoV-2, les patients atteints de troubles mentaux préexistants courent un risque deux fois plus élevé de mortalité et d'hospitalisation, mais il n'a pas été constaté d'admission plus fréquente en unité de soins intensifs 
 

Pour le Dr Livia De Picker, de l'hôpital psychiatrique universitaire Campus Duffel (Belgique) et co-auteure de l'étude, ces "données révèlent un contraste frappant chez les patients atteints de maladie mentale grave et de troubles psychotiques : alors qu'ils sont touchés par le risque de mortalité le plus élevé, ils ne sont pas plus hospitalisés. Nous savons que ces patients sont confrontés à d'importants obstacles aux soins médicaux, et nos résultats suggèrent qu'un accès réduit aux soins pourrait avoir contribué à l'augmentation de la mortalité observée dans ce groupe".

Les troubles psychotiques et les troubles de l'humeur plus vulnérables au risque de mortalité associée au COVID-19

Les personnes souffrant de troubles psychotiques et de troubles de l'humeur ainsi que les patients prenant un traitement avec des antipsychotiques ou des anxiolytiques apparaissent comme les groupes les plus vulnérables au risque de mortalité associée au COVID-19.
 

Pour le Pr Marion Leboyer, directrice de la Fondation Fondamental. ce surrisque pourrait «refléter des processus biologiques tels que des altérations immuno-inflammatoires liées aux troubles psychiatriques», tandis que les traitements «antipsychotiques pourraient augmenter les risques cardiovasculaires et thromboemboliques, interférer avec une réponse immunitaire et provoquer des interactions avec les médicaments utilisés pour traiter le Covid-19. Les anxiolytiques sont associées à un risque de dépression respiratoire et sont connues pour être associées à une mortalité toutes causes confondues».

 
En outre, des facteurs sociaux et liés au mode de vie tels que l'alimentation, l'inactivité physique, l'isolement social, la consommation élevée d'alcool et de tabac, les troubles du sommeil et une prévalence plus élevée de comorbidités somatiques pourraient également avoir des effets néfastes sur le pronostic de COVID-19

"Assurer une vaccination maximale" de ces patients

Pour les auteurs, ces résultats soulignent la nécessité d'approches ciblées pour gérer et prévenir le Covid-19 dans les groupes de patients à risque identifiés dans cette étude.

le Dr Livia De Picker estime que «les autorités de santé publique doivent prendre des mesures ciblées pour assurer une vaccination maximale de ces patients» et «lutter contre une éventuelle réduction de l'accès aux soins».

 

 

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