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Mieux comprendre les déficits cognitifs dans les troubles bipolaires

Publié : 09 janvier 2020

Les difficultés cognitives sont fréquentes dans les troubles bipolaires, même à distance d’un épisode de dépression ou d’exaltation (manie ou hypomanie) caractérisé. Plusieurs études menées par les Centres Experts FondaMental ont cherché à mieux caractériser ces difficultés cognitives. Le point avec le Dr Paul Roux.

 

"Les patients se plaignent de leurs difficultés cognitives. Les travaux conduits au sein des Centres Experts FondaMental troubles bipolaires avaient pour ambition de mieux caractériser la nature, la fréquence, les conséquences dans la vie de tous les jours et les facteurs associés à la présence de difficultés cognitives", précise le Dr Paul Roux qui a piloté ces travaux de recherche.

PLUSIEURS PROFILS DE PERFORMANCES COGNITIVES

Ces études ont permis d’identifier 4 sous-groupes de patients avec des performances cognitives homogènes : un premier profil présentant des performances élevées pour l’ensemble des fonctions cognitives ; un second profil présentant des performances dans la moyenne, sauf pour la mémoire verbale pour laquelle les performances étaient élevées ; un troisième profil avec des performances dans la moyenne, mais une mémoire verbale abaissée ; un dernier profil avec l’ensemble des performances cognitives abaissées.

IMPORTANCE DE LA MÉMOIRE VERBALE

Les résultats obtenus ont également permis d’identifier que la mémoire de travail et la mémoire verbale étaient associées à un meilleur fonctionnement au quotidien. Pour le Dr Paul Roux (CHS de Versailles), « cela suggère une importance particulière de la mémoire verbale dans les troubles bipolaires, qui pourrait agir comme une réserve cognitive protégeant d’une dégradation cognitive généralisée ». Par ailleurs, la présence de signes dépressifs résiduels de faible intensité, en dehors de tout épisode de dépression caractérisée, semble aggraver les difficultés de fonctionnement.
 

PRÉVALENCE DES DÉFICITS COGNITIFS

Enfin, une dernière étude a permis d’identifier que la fréquence des déficits cognitifs était légèrement supérieure à 10 % dans les troubles bipolaires stabilisés autour d’une humeur normale. « Certains types de traitements régulateurs de l’humeur ont été associés avec un risque plus important de présenter un déficit cognitif, sans qu’il soit possible cependant d’établir un lien de causalité entre le traitement et les difficultés cognitives », explique le Dr Roux.

PERSPECTIVES

« Nos résultats soulignent qu’il est important de prêter attention aux difficultés cognitives et suggèrent qu’il faut à la fois chercher à diminuer les signes résiduels de dépression et proposer davantage de programmes d’entrainement cognitif », précise le Dr Roux. Plus largement, ils ouvrent également la voie à des travaux de recherche fondamentale visant l’identification de marqueurs biologiques ou génétiques des troubles bipolaires sous-tendant ces profils cognitifs.
 
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