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Prévention et dépistage de la « maladie du foie gras » dans les troubles bipolaires

Publié : 02 février 2021

Les maladies comme l’obésité ou le diabète touchent plus fréquemment les personnes atteintes de troubles bipolaires et ces dernières bénéficient rarement de traitements adaptés. Pour la première fois, le réseau des Centres Experts Troubles Bipolaires de la Fondation FondaMental évalue la prévalence de la « maladie du foie gras » dans les troubles bipolaires. Les résultats plaident pour des actions de dépistage et de prévention.

La « maladie du foie gras » : une maladie chronique fréquente 

La stéatose hépatique non alcoolique, de l’anglais non alcoholic fatty liver disease (NAFLD), est aussi connue sous le nom de « maladie du foie gras ».
 
Elle se caractérise par l’accumulation de lipides, aussi appelés graisses, dans le foie en l’absence de consommation excessive d’alcool.
 
Il s’agit d’une cause très fréquente de maladie chronique du foie qui ne cesse d’augmenter, compte tenu de la prévalence croissante du surpoids et de l’obésité dans le monde.
 
 

Un déficit de prise en charge des problèmes métaboliques

On sait aujourd’hui que les personnes souffrant de troubles bipolaires présentent un risque augmenté de maladies métaboliques associées telles que l’hypertension, le cholestérol, le surpoids ou le diabète.
 
Une précédente étude menée par les Centres Experts FondaMental en 2014 a effectivement démontré que la prévalence du syndrome métabolique dans les troubles bipolaires est estimée entre 18,5 et 23%, soit deux fois plus fréquemment que dans la population générale.
 

« Ces analyses révèlent que les patients atteints de troubles bipolaires ne sont pas traités pour ces maladies cardio-métaboliques. Plus de 2/3 des patients concernés ne reçoivent pas de traitement adéquat pour les pathologies associées au syndrome métabolique » regrette Ophélia Godin, épidémiologiste à la Fondation FondaMental.

 
Il y a un véritable enjeu d’une prise en charge globale des troubles bipolaires puisque le syndrome métabolique est responsable de la mortalité prématurée chez un certain nombre de patients.

Prévalence accrue de la « maladie du foie gras » 

Grâce aux données cliniques recueillies par les 12 Centres Experts Troubles Bipolaires, les cliniciens et les chercheurs de la Fondation FondaMental se sont intéressés à cette problématique. Pour la première fois, ils ont conduit une étude pour évaluer la prévalence et les facteurs de risque de la « maladie du foie gras » (NAFLD) chez les individus souffrant de troubles bipolaires
 
Pour cela, ils ont utilisé un marqueur sanguin de mauvaise santé métabolique, appelé le Fatty Liver Index (FLI). L’étude s’est appuyée sur un échantillon de 1969 participants issus de la cohorte française FACE Troubles Bipolaires. 
 
Les résultats ont montré que la stéatose hépatique simple (NAFLD) est fréquente chez les personnes souffrant de troubles bipolaires avec une prévalence de 40% chez les hommes et 21% chez les femmes. Les facteurs de risque associés sont :
 
  • le sexe masculin ;
  • un âge supérieur à 50 ans ;
  • les troubles du sommeil ;
  • l'obésité ;
  • la prise de certains médicaments psychotropes. 

Développer un meilleur dépistage et des actions de prévention

Cette étude confirme que la santé métabolique des personnes souffrant de troubles bipolaires doit être l'objet d'une surveillance systématique. Prévenir et traiter les pathologies associées au syndrome métabolique chez les patients bipolaires permettraient à la fois de diminuer la mortalité liée à ces maladies somatiques et d’améliorer la qualité de vie des patients.
 

« Non seulement un meilleur dépistage est indispensable chez les sujets prédisposés, mais des actions de prévention doivent être développées » soutient Bruno Etain, chef du Centre Expert Troubles Bipolaires du Département de Psychiatrie des Hôpitaux Universitaires Lariboisière – Fernand Widal à Paris. « Ces dernières doivent intégrer la prévention de la prise de poids et des troubles du sommeil, la promotion de l'activité physique et de l'hygiène alimentaire, ainsi que la limitation, quand cela est possible, de la prescription de certains médicaments associés au risque métabolique. »

 
 
Source : Ophelia Godin, Marion Leboyer, Raoul Belzeaux et al. / Acta Psychiatr Scand. 2021 Jan;143(1):82-91. doi: 10.1111/acps.13239. Epub 2020 Nov 24.
Non-alcoholic fatty liver disease in a sample of individuals with bipolar disorders: results from the FACE-BD cohort
 
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